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1291 - Les Hauts faits d'armes d'Othon

 

LES HAUTS FAITS D’ARMES D’OTHON 1 ER DE GRANDSON EN TERRE SAINTE
A la fin du XIIIe siècle, le chevalier vaudois commandait un bataillon anglais à Saint-Jean-d’Acre.
1291

Le vendredi 18 mai de cette année-là, les troupes musulmanes du sultan égyptien Khalil al-Ashraf pénètrent dans Saint-Jean-d’Acre. Exactement un siècle après avoir été conquise par les croisés, la ville située près d’Haïfa, au nord de l’actuel Israël, tombe au terme d’un siège de quarante-trois jours, mené par une armée forte de 220 000 hommes appuyés par de nombreuses machines de guerre. Parmi les derniers défenseurs, un seigneur vaudois, Othon 1er de Grandson. Agé alors d’une quarantaine d’années, il était au service du roi d’Angleterre Edouard Ier depuis deux décennies et, à Acre, dirigeait un contingent anglais.

Othon s’était rendu une première fois en Palestine en 1272, déjà à la suite d’Edouard. Un attentat contre le prince lui permit de démontrer son dévouement et de devenir l’homme de confiance du futur roi. Rentré en Angleterre, le Vaudois fut responsable de diverses missions diplomatiques et commerciales. Chargé de supplier le pape d’organiser une nouvelle croisade afin de venir en aide à un royaume de Jérusalem de plus en plus menacé, il prend la croix en 1290, et s’embarque pour la Palestine en compagnie de ses neveux Pierre de Vuippens et Pierre d’Estavayer.

Sorties à hauts risques
Lorsque De Grandson débarque à Acre, le sultan Khalil al-Ashraf vient de refuser une trêve. Il ne reste qu’à organiser la défense et se préparer à mourir en chevalier. Durant le siège, Othon se fait remarquer en prenant la tête de sorties courageuses dans le camp adverse, cherchant à mettre le feu aux machines de siège.

Le jour fatal, après avoir longtemps défendu l’une des portes de la ville, De Grandson et ses hommes sont contraints de reculer face à la déferlante mamelouk et se replient sur le port. La population de la ville qui n’a pu s’y réfugier est livrée à la fureur des assaillants: les hommes tués, les enfants vendus comme esclaves, les femmes allant terminer dans les harems de tout l’Orient. Triste écho au massacre commis au même endroit, en 1191, par Richard Cœur de Lion, qui fit égorger ses 3000 prisonniers arabes.
Finalement, après plusieurs jours de résistance dans la forteresse des Templiers, Othon est parmi les derniers à embarquer, sur un vaisseau vénitien, à destination de Chypre. La chute de Saint-Jean-d’Acre met fin à la présence des Francs – les Franj, pour les Arabes – en Terre sainte: face à l’évidence de l’impossibilité de tenir, les dernières villes encore en leur possession sont évacuées.

Gloire et fortune
De Grandson met trois ans à retrouver la rive du lac de Neuchâtel. Mais il est alors couvert de récompenses pour ses hauts faits d’armes et ses dépenses en Palestine. Déjà gouverneur des îles anglo-normandes et justicier du Pays de Galles, il reçoit, outre de coquettes sommes d’argent, des domaines en Angleterre, en Cornouaille, en Irlande et en France, sans oublier le château et la ville de Laupen.

Sa région profite de cette fortune: il agrandit sa forteresse de Grandson, qu’il équipe de puissantes tours, et fonde le couvent des cordeliers, à l’entrée du bourg. L’ancien croisé fonde la chartreuse de la Lance, près de Concise, dote l’abbaye du lac de Joux, ainsi que les prieurés de Romainmôtier et de Payerne. En 1317, il fonde l’autel à saint Georges dans la cathédrale de Lausanne, dont trois de ses neveux deviendront évêques.

Sans conteste l’un des personnages les plus importants de son temps en Pays de Vaud, il meurt le 5 avril 1328 et est enterré à la cathédrale de Lausanne. On y voit toujours son gisant, taillé dans du marbre blanc, entre deux colonnes du chœur: sous un baldaquin gothique, Othon 1er y figure en habits de chevalier, revêtu de sa cotte de mailles et flanqué de son bouclier décoré de trois coquilles de pèlerin.  £
Sources: L’épopée des croisades , René Grousset, Ed. Perrin. Les croisades vues par les Arabes, Amin Maalouf, Ed. J’ai Lu . Revue historique vaudoise, 1910, 1911, 1912.

  information_historique.pdf (pdf, 894.8 kB)


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